
Chevilles, genoux, poignets, dos : le guide de prévention complet
La grande majorité des blessures de skate sont évitables. Je t'explique lesquelles, pourquoi et comment.
“J’ai eu mes premières grosses blessures à une époque où personne ne parlait de prévention dans le skate. On tombait, on se blessait, on reprenait trop tôt. On ne savait pas s’échauffer, on ne savait pas récupérer. J’ai payé ça très cher, des mois d’arrêt, des rechutes et un moment où j’ai vraiment cru que c’était fini pour moi. Ce que j’ai appris durant cette période, c’est que la blessure n’est pas une fatalité. C’est presque toujours le résultat d’une accumulation d’erreurs évitables. Aujourd’hui, cette expérience est au cœur de ma façon d’enseigner chez Old Skullz. Parce que skater longtemps, ça se prépare.” – Parole de Max, fondateur d’Old Skullz



La blessure en skate, c’est le sujet dont personne ne veut parler, jusqu’au jour où ça arrive.
Et ça arrive à tout le monde ; les débutants qui découvrent des sensations nouvelles et tombent sans y être préparés, les intermédiaires qui poussent leurs limites trop vite, les adultes qui reprennent après une longue pause avec un corps qui ne répond plus tout à fait comme avant ou encore les parents qui voient leur enfant rentrer à la maison en boitant.
La bonne nouvelle, c’est que la grande majorité des blessures de skate sont évitables. Pas toutes, les accidents existent.
Mais l’entorse de cheville à répétition, la tendinite du genou qui s’installe, la douleur au dos qui revient à chaque session, ce sont des signaux.
Des signaux qui disent que quelque chose dans ta pratique mérite d’être corrigé.
Pourquoi le skate sollicite ton corps différemment des autres sports
Le skateboard est un sport d’impacts répétés sur des surfaces dures. Chaque réception, chaque pop, chaque contact avec le sol génère une onde de choc qui remonte dans les chevilles, les genoux, les hanches et la colonne.
Contrairement à la course ou au vélo où le mouvement est continu et progressif, le skate alterne des phases d’effort explosif et des impacts brutaux (souvent mal amortis, surtout au début).
Ce qui caractérise aussi le skate, c’est son asymétrie. Tu as un pied sur l’avant et l’autre sur l’arrière de la planche. Tu pousses d’un côté. Tu tords ta cheville toujours dans les mêmes directions.
Cette asymétrie, répétée des milliers de fois, crée des déséquilibres musculaires qui sont à l’origine de la plupart des blessures chroniques.
Enfin, le skate est un sport appris en autonomie, sans encadrement médical et sans programme de préparation physique. On monte sur la planche, on essaie, on tombe, on recommence.
C’est ce qui en fait un sport accessible et libre mais aussi une prévention presque inexistante pour la majorité des pratiquants.
Ce que ça change pour ta pratique
Comprendre comment ton corps est sollicité en skate, c’est comprendre où concentrer ta prévention.
Les chevilles encaissent les impacts et les torsions. Les genoux absorbent la compression et les rotations. Les poignets subissent les chutes. Les épaules et le dos compensent les déséquilibres posturaux.
Chaque zone a ses risques spécifiques et ses solutions spécifiques.
Chevilles, genoux, poignets, épaules : comprendre, détecter, protéger

Voici les quatres grandes zones de vulnérabilité en skate.
Pour chacune : ce qui se passe, les signaux à ne jamais ignorer, les gestes concrets de prévention et l’erreur la plus fréquente.
| Zone : les chevilles | |
| Blessures fréquentes | L’entorse latérale (ligament externe) est la blessure numéro un en skate, tous niveaux confondus. Elle survient lors d’une réception de biais, d’un appui sur le bord de la planche, ou d’un contact avec le sol lors d’une chute. La tendinite du tendon d’Achille est la blessure chronique la plus fréquente, elle s’installe progressivement chez les riders qui ne s’étirent pas et qui multiplient les sessions intenses. |
| Signaux d’alerte | Douleur vive au niveau de la malléole externe après une chute ou une réception. Gonflement ou hématome même “léger” dans les 24h. Douleur sourde et persistante au talon ou au tendon en fin de session, c’est le premier signe d’une tendinite qui s’installe. Ne jamais reprendre le skate sur une entorse “pas trop grave” sans avis médical : une entorse mal soignée est la principale cause d’instabilité chronique de cheville. |
| Prévention | Renforcer les chevilles régulièrement : exercices d’équilibre sur une jambe, montées sur pointes, résistance élastique. Porter des chaussures de skate avec un bon maintien latéral, les chaussures trop souples augmentent le risque d’entorse. S’échauffer les chevilles en rotation avant chaque session (30 secondes par pied). Apprendre à réceptionner avec le poids centré sur les deux pieds, les réceptions asymétriques sont la cause principale des entorses. |
| Erreur fréquente | Reprendre trop vite après une entorse. “C’est juste une petite entorse” est l’une des phrases les plus dangereuses du skate. Une entorse non consolidée se re-tord facilement et peut évoluer vers une instabilité chronique. Règle : pas de skate tant que l’appui unipodal (se tenir sur un pied) n’est pas indolore et stable. |
| Zone : les genoux | |
| Blessures fréquentes | Le genou du skater est soumis à deux types de contraintes : la compression verticale à chaque réception, et les rotations latérales lors des tricks avec rotation du corps. Les blessures les plus fréquentes sont la tendinite rotulienne (douleur sous la rotule, souvent chez les riders qui multiplient les sauts), le syndrome fémoro-patellaire (douleur diffuse autour de la rotule, souvent chez les riders en croissance), et les entorses du ligament latéral lors de chutes. |
| Signaux d’alerte | Douleur sous la rotule qui augmente à la descente des escaliers ou après une session intense, signe précoce de tendinite rotulienne. Claquement ou craquement du genou accompagné de douleur. Gonflement du genou dans les heures suivant une session. Douleur qui s’intensifie sur plusieurs semaines sans période de récupération, ne jamais laisser une douleur chronique de genou s’installer sans consulter. |
| Prévention | Renforcer les quadriceps et les ischio-jambiers : ce sont eux qui stabilisent le genou et absorbent les chocs à ta place. Squats, fentes, exercices de renforcement excentrique. Apprendre à fléchir les genoux à la réception. Les genoux tendus à l’atterrissage transmettent l’intégralité du choc dans l’articulation. Alterner les sessions intenses avec des sessions plus légères. Éviter de skater sur des surfaces très dures (béton) sans alterner avec des surfaces plus souples (skatepark en bois). |
| Erreur fréquente | Ignorer la douleur de genou en pensant qu’elle va passer seule. La tendinite rotulienne non traitée peut évoluer vers une pathologie chronique invalidante. Chez les jeunes riders en croissance, la maladie d’Osgood-Schlatter (douleur au tibia juste sous le genou) peut apparaître et nécessite un suivi médical, pas juste du repos. |
| Zone : les poignets | |
| Blessures fréquentes | Le poignet est la zone la plus touchée lors des chutes en skate. Le réflexe naturel est de tendre les mains pour se protéger, ce qui concentre toute l’énergie de la chute sur les poignets. Fractures du scaphoïde (os difficile à diagnostiquer sur radio standard), fractures du radius distal, entorses ligamentaires et tendinites sont les blessures les plus fréquentes. Les protège-poignets réduisent drastiquement ces risques. |
| Signaux d’alerte | Douleur dans la tabatière anatomique (creux entre le pouce et le poignet) après une chute, peut indiquer une fracture du scaphoïde, souvent invisible à la radio standard. Toujours consulter même sans déformation visible. Douleur persistante au poignet plusieurs jours après une chute, même légère. Perte de force de préhension ou de mobilité, signal d’une lésion ligamentaire. |
| Prévention | Porter des protège-poignets, c’est la mesure de prévention numéro un pour cette zone. En skate, le ratio protection/contrainte est très favorable. Apprendre à tomber en roulant sur les avant-bras plutôt qu’en tombant sur les mains tendues. Renforcer les avant-bras et les muscles stabilisateurs du poignet : exercices avec élastique, rotations avec haltère léger. S’étirer les fléchisseurs et extenseurs des poignets après chaque session. |
| Erreur fréquente | Ne pas consulter après une chute “parce que ça bouge encore”. La fracture du scaphoïde est le grand piège du skate : elle passe souvent inaperçue sur les premières radios, elle est peu douloureuse dans les premiers jours, et elle peut évoluer vers une nécrose osseuse si elle n’est pas traitée. Toute douleur persistante au poignet après une chute mérite une consultation médicale. |
| Zone : les épaules et le dos | |
| Blessures fréquentes | Moins souvent évoqués mais tout aussi importants chez les riders réguliers : les douleurs d’épaule (luxations, tendinites de la coiffe lors de chutes sur le côté) et les douleurs lombaires chroniques liées à la posture asymétrique du skate. Pousser toujours du même côté, se pencher en avant en position de skate, encaisser les impacts dans un corps en déséquilibre, tout cela crée des tensions musculaires et des compensations posturales qui s’accumulent. |
| Signaux d’alerte | Douleur à l’épaule qui limite les mouvements du bras après une chute, consultation médicale pour vérifier si luxation ou fracture. Douleur lombaire persistante après les sessions, qui s’améliore au repos mais revient à chaque session skate. Sensation de raideur dans le dos en début de session qui ne disparaît pas après échauffement. |
| Prévention | Intégrer du travail de mobilité thoracique et lombaire dans l’échauffement. Renforcer les muscles du dos et du core (gainage) : ce sont eux qui stabilisent la posture et protègent la colonne lors des impacts. Alterner la position de skate (goofy/regular) occasionnellement pour compenser les déséquilibres. Faire du stretching régulier des chaînes postérieures (ischio-jambiers, lombaires, pectoraux). |
| Erreur fréquente | Attribuer toutes les douleurs de dos à “la fatigue” sans chercher à corriger la posture ou à renforcer le core. Les douleurs lombaires chroniques du skater sont presque toujours liées à un déséquilibre musculaire corrigeable mais qui nécessite un travail régulier hors de la planche. |
Le protocole d'échauffement Old Skullz : 10 minutes qui changent tout
L’échauffement est le geste de prévention le plus efficace et le plus ignoré.
Dans les skateparks, je vois 95% des riders monter directement sur leur planche en arrivant. Aucun étirement, aucune activation musculaire et articulaire.
Ce sont ces mêmes riders qui finissent avec une entorse en première heure de session.
Voici le protocole que j’utilise avec tous mes riders chez Old Skullz.
Il prend 10 minutes et il change vraiment les choses.
| Protocole d’échauffement Old Skullz – 10 minutes | ||
| Phase | Durée | Contenu |
| Activation | 2 min | Marche rapide ou petits sauts sur place. Objectif : monter la température corporelle, activer la circulation. Ne pas commencer les étirements à froid. |
| Mobilisation | 3 min | Rotations de chevilles (30s par pied), cercles de genoux, rotations de hanches, rotations d’épaules. Mobiliser chaque articulation dans son amplitude complète. |
| Activation musculaire | 3 min | Squats légers (15 reps), fentes (10 par jambe), pompes (10 reps). Activer les quadriceps, les ischio-jambiers, les stabilisateurs des chevilles et des poignets, les épaules et les pectoraux. |
| Mise en skate | 2 min | Premiers passages à vitesse réduite, virages souples, quelques pop légers au sol. Laisser le corps sentir la planche avant d’attaquer les tricks. |
Pour les parents
L’échauffement s’apprend jeune et ça s’enseigne.
Si votre enfant skate régulièrement, lui montrer une routine d’échauffement de 10 minutes dès le début est un investissement sur toute sa pratique.
Les riders qui ont cette habitude depuis l’enfance ne l’abandonnent jamais.
La récupération : la partie la plus ignorée des riders
Si l’échauffement est le geste de prévention le plus ignoré avant la session, la récupération est son équivalent après.
La plupart des riders finissent leur session, rangent leur planche et passent à autre chose. Sans étirement, sans hydratation consciente et sans retour au calme.
C’est pourtant pendant la récupération que le corps consolide les apprentissages et répare les micro-traumatismes accumulés pendant la session.
Négliger cette phase, c’est additionner des tensions qui deviennent des douleurs, des micro-lésions qui deviennent des blessures.
Les 4 piliers d'une bonne récupération
-> Les étirements post-sessions : 10 minutes d’étirements statiques et légers après la session. Priorité aux chevilles, mollets, quadriceps, ischio-jambiers et épaules. Tenir chaque position 30 secondes. Écoute tes sensations.
-> L’hydratation : Le skate fait transpirer, même par temps frais. Une déshydratation même légère augmente le risque de crampe et ralentit la récupération musculaire. Boire avant, pendant et après la session.
-> Le sommeil : C’est pendant le sommeil que le corps répare les tissus sollicités. Un rider qui dort moins de 7 heures récupère moins bien et risque de se blesser plus souvent. La performance et la prévention passent par le lit autant que par le skatepark.
-> Le repos actif : Les jours sans skate ne sont pas des jours perdus. La marche, la natation, le vélo léger favorisent la circulation et accélèrent la récupération sans surcharger les articulations. Alterner skate intense et activité légère est une stratégie de longévité.

Progresser intelligemment : la philosophie Old Skullz pour durer dans le skate
La prévention des blessures n’est pas juste une question de gestes techniques. C’est une philosophie de pratique. Et cette philosophie a un nom chez Old Skullz : progresser intelligemment pour durer.
Écouter son corps comme un signal, pas comme un obstacle
La douleur n’est pas ton ennemi. C’est un signal qui mérite ton attention. Le rider qui “push through the pain” systématiquement ne montre pas de la force, il accumule les dommages.
Le rider qui apprend à distinguer la “bonne” douleur (effort, courbatures normales) de la “mauvaise” douleur (signal d’alerte articulaire ou tendineux) protège sa pratique sur le long terme.
Construire la progression sur des bases solides
Les blessures de skate arrivent souvent quand on pousse trop loin et/ou trop vite. Attaquer un nouveau trick ou un nouvel obstacle sans avoir la base physique et technique nécessaire, c’est prendre un risque qui pourraient se payer en semaines d’arrêt.
Travailler chaque fondamental avant de passer au suivant n’est pas une contrainte pédagogique, c’est aussi une stratégie de prévention.
C’est de la progression structurée et c’est exactement ce qu’on propose chez Old Skullz.
Varier les stimuli pour éviter les blessures de surcharge
Faire les mêmes tricks, sur les mêmes surfaces, avec les mêmes mouvements répétés des milliers de fois, c’est la recette parfaite des blessures de surcharges.
La tendinite n’arrive pas d’un coup. Elle s’installe progressivement, microtraumatisme après microtraumatisme.
Varier les types d’obstacles, alterner les focus techniques et intégrer du renforcement musculaire complémentaire, ce sont des habitudes qui protègent autant qu’elles enrichissent la pratique.
Renforcer hors de la planche pour durer sur la planche
Comme dit plus haut, le skate est complet mais asymétrique. Pour compenser ces déséquilibres, le rider qui veut durer doit renforcer son corps hors session.
Avec du renforcement musculaire, de la mobilité articulaire ou encore de la souplesse.
Ce n’est pas du “fitness” pour faire joli.
C’est ce qui fait qu’on peut encore skater à 40 ans avec le même plaisir qu’à 15.
“Le skate durable, ça se construit. Pas en évitant de tomber, ça, c’est impossible. Mais en préparant son corps à encaisser, à récupérer et à revenir plus fort à chaque session.”
Apprendre à skater intelligemment Avec Old Skullz
Ce guide est un point de départ. La vraie différence se fait quand ces principes sont vraiment appliqués et adaptés à ton profil.
Que tu sois débutant, intermédiaire ou confirmé, adulte qui reprend ou parent qui cherche le meilleur environnement pour son enfant, Old Skullz est là pour t’accompagner.

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Mon objectif : te montrer comment devenir la meilleure version de toi-même, progresser avec intelligence, réduire le risque de blessure et construire une performance qui tient sur le long terme.
Je veux que ton corps devienne ton meilleur allié, dans le sport comme dans la vie.
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À bientôt,
L’équipe Old Skullz




